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Aurélie Carton

« Globetrotteuse, amoureuse, bloggeuse, curieuse, un peu frondeuse, parfois boudeuse, souvent heureuse » « J’écris depuis dix ans sur la peine de mort, la torture, les prisons, l’excision, les génocides, les réfugiés, la censure, les disparus, les viols, les massacres… Stop, n’en jetez plus. J’avais besoin de reprendre souffle le temps d’une année sabbatique. Certes, j’aurais pu aller à New York parfaire mon anglais très perfectible, me balader autour du monde pour enrichir ma collection de visas, marcher de Vézelay à Jérusalem histoire de parcourir à rebours et symboliquement le chemin des croisades ou encore simplement rester auprès d’un homme magnifique rencontré juste avant mon départ. Et finalement, je prenais l’avion pour Beyrouth via Prague en ce début d’automne. Le Liban, où je m’étais rendue plusieurs fois en reportage, s’est vite imposé. Est-ce parce que l’un des otages français détenus pendant la guerre civile portait le même patronyme que moi qui m’a conduit à dévorer des livres sur ce pays depuis vingt ans ? Où est-ce plutôt la séduction intellectuelle qu’exerçait mon professeur de Sciences-Politiques, futur ministre de la Culture, Ghassan Salamé ? Quoi qu’il en soit, la société libanaise kaléidoscopique, si éloignée du jacobinisme à la française, m’a toujours fascinée. En même temps, sa francophonie, sa culture ouverte vers l’extérieur, son cosmopolitisme allait faciliter mon adaptation et ma vie quotidienne tout en évitant les pièges du “pur exotisme”. Vivre quelques mois badauds dans un coin du monde, avec juste quelques vagues projets pour apaiser ma bonne conscience, tel était l’objet de ces onze mois en solo. Je quittais donc la France et mon amoureux avec une trentaine de kilos de bagages, et le désir d’apprendre l’arabe, de lire tous azimuts, de transmettre mes découvertes et mes aventures. Aussitôt arrivée à Beyrouth, je créais un blog « Les Carnets de l’hirondelle » aujourd’hui édité dans la collection Impressions de Tamyras. »