11 raisons d’offrir ou de s’offrir un livre à Noël

Tania Hadjithomas Mehanna
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15 Dec

Si vous avez encore besoin de bonnes raisons d’offrir un livre à Noël :

  1. D’abord le plaisir des yeux : la couverture qui m’appelle, qui me happe et que je prends dans mes mains. Le coup de foudre existe, c’est lui qui m’a choisie, m’a attirée parmi tant d’autres objets, juste vers celui-là.
  2. Et puis le titre. Comme un nom qu’on se répète tout bas, entre nous et nous-mêmes. Les lèvres se rejoignent en le prononçant et on sait qu’on va s’aimer.
  3. Le toucher délicat du carton sous les doigts rien que pour palper l’objet du désir. La main qui se tend malgré elle et qui possède.
  4. La prise de position avec les doigts qui retournent et caressent, et le texte de la 4e qu’on lit en diagonale rien que pour les formules de politesse avant la dévoration.
  5. L’odeur d’un livre qu’on déflore, avec ce mélange de papier poudré et d’encre séchée et, étrangement, une réminiscence de foin coupé dans une grange bonheur où l’on peut faire ce qu’on veut.
  6. L’anticipation du cœur et du corps. Se caler, s’étirer, s’installer dans une position de réception de l’autre, de ses mots, de son histoire, avec le cœur qui bat une chamade de désir rien qu’à l’idée de se laisser prendre, de se laisser surprendre.
  7. Les yeux qui clignent pour saisir la dédicace, la citation ou l’avant-propos… tous ces préliminaires qu’un autre a écrit pour nous plaire, nous séduire et entamer avec nous une valse qu’il espère éternelle.
  8. Les premières pages, celles qui seront responsables d’un rejet embarrassé ou d’une acceptation abandonnée.
  9. La relation que l’on entame alors. Faite de plaisir, d’impatience, de sourires, d’acquiescements, de complicité, d’osmose.
  10. Le trouble dans les dernières pages, qui fait que l’on est en même temps dans deux vitesses, l’accélération et le freinage. Pas assez vite pour l’esprit, trop rapide pour le cœur.
  11. La toute puissance ressentie sitôt le dernier mot avalé. Le livre nous appartient à présent. Libre à nous de le placer là où il doit se placer. Dans le registre des préférences ou tout au fond derrière. Le partager ou le garder pour soi. En parler ou le coffrer au fond de nous avec parfois un soupir qui veut dire « moi je sais ».Et surtout, surtout, le sentiment inégalé d’avoir été nourrie…

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