Avec le temps va, tout s’en va… la critique de Kimamori

Yassi Nasseri
© Gallimard © Gallimard
26 Nov

Passion et meurtre, amour et trahison… La vie n’est peut-être faite que de cela, et puis aussi d’un petit grain de mensonges et d’une pincée de quête de la vérité. Javier Marías, écrivain espagnol dont les livres sont traduits dans 52 pays et 43 langues, nous en fait une démonstration convaincante dans ce livre.

Il explore les récits de Balzac et d’Alexandre Dumas transposés par ses soins dans l’époque contemporaine. Il fait ainsi une lecture de notre actualité rendue subitement très générique. Depuis que le monde est le monde et que l’homme est l’homme, une femme belle comme les amours pousse au crime, alors qu’une autre s’amourache de l’homme qui aime la belle comme les amours… !

La narratrice, une madrilène dans sa très jeune trentaine, exerce le métier d’éditeur. Tous les matins elle prend son petit déjeuner dans le même café avant de se rendre au bureau. Sa journée est ainsi enjolivée à la vue d’un couple amoureux, élégant et pétillant qu’elle peut admirer quelques tables plus loin et qui sont aussi toujours au rendez-vous. Or un beau jour ils cessent de venir et elle apprendra par le plus simple des hasards que l’homme a été assassiné par un vagabond des rues, père de deux filles prostituées. L’épouse dévastée par ce malheur revient pourtant en ce lieu où la jeune éditrice peut l’aborder pour lui transmettre ses sincères condoléances, et permettre à la malheureuse de vider son cœur auprès d’elle, une inconnue, qui, par un autre hasard trivial deviendra la maîtresse du meilleur ami du défunt époux ! C’est alors qu’elle commettra la grande maladresse d’en apprendre davantage, progressivement et par bribes, sur la plate vérité voire les éventuelles vérités incongrues.



Le livre

Comme les amours de Javier Marías
éd. Gallimard, 2013 (v.o. 2011)
Traduit de l’espagnol par Anne-Marie Geninet
Finaliste Prix Médicis étranger 2013


Et puis pour de futures lectures, ceux qui aiment l’idée que la fiction est plus vraie que la réalité pourront lire le roman de David Toscana ou l’essai d’Umberto Eco.

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