De Beyrouth au reste du monde | Contresens

Tania Hadjithomas Mehanna
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11 Sep

Au secours. Je me noie. Mes cinq sens sont saturés. Je ne veux plus. Je ne veux plus entendre le décompte des morts à Gaza, en Syrie et en Irak. Je ne veux plus entendre les inepties qu’on nous balance comme si nous étions des demeurés.

Je ne veux plus entendre les klaxons hystériques des conducteurs hystériques coincés dans des hordes de voitures. Je ne veux plus voir des hommes se faire décapiter en direct sur tous les réseaux sociaux. Je ne veux plus voir des vidéos horribles où l’on torture, abat, brûle et détruit. Je ne veux plus voir l’hémicycle vide de “responsables” qui boudent alors que le pays va à la dérive. Je ne veux plus sentir l’odeur de la poudre dans mon jardin parce que des hommes préhistoriques tirent en l’air comme des malades à chaque discours de leur maitre. Je ne veux plus sentir les égouts parce que les stations d’épuration ne sont même pas à l’ordre du jour. Je ne veux plus avaler les couleuvres qu’on me sert tous les jours et à tous les repas. Je ne veux plus toucher du doigt la profonde détresse des enfants syriens qui tapent à ma vitre.


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