De Beyrouth au reste du monde | Mots à maux

Tania Hadjithomas Mehanna
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15 Oct

Comme une certitude que le mal s’est définitivement greffé dans les pierres, les pavés et les cœurs. Et la peur règne en maître. Dans ma région, mais aussi dans le monde. Si durant quinze ans nous, libanais, étions isolés dans nos drames quotidiens, aujourd’hui la chape s’est étendue sur la terre.

J’ai peur. J’ai peur parce que la barbarie trace son chemin. A coups de couteaux, d’explosifs, de bombardements, de kamikazes, de tortures, de viols collectifs, de surdité extrême, d’indifférence criminelle. On n’a jamais été aussi sourds, aveugles et muets que depuis que les images voyagent aussi vite et aussi loin. Des images si atroces, si insoutenables qu’elles en deviennent totalement irréelles. Et donc loin de toute réalité, loin, très loin, de toute réaction. Mais alors les mots ? Que peuvent les mots face aux larmes, à la douleur, à la peur ?


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