Fatalement ils auront raison… de nous

Yassi Nasseri
© Grasset © Grasset
07 Jan

La fin d’un monde, voici un thème qui était traité dans le Goncourt 2012. Il ressurgit ici dans le Femina 2013, plus accessible mais autrement dérangeant et à défaut d’être effleuré par un adepte de philosophie, il n’en sera pas moins emprunt d’une voix qui aura traversé les temps immémoriaux.

Le récit parvient à nous arracher à notre quotidien dès les premières pages du livre et nous transporte dans un univers emprunt de magie et vibrant de dépaysement. Nous sommes en Afrique subsaharienne, dans un autrefois qui jadis avait existé ; plongés dans un avant la colonisation, dans un avant la traite négrière, dans une ère précédant l’ouverture du continent africain à ces hommes aux pieds de poule, qui ont la coutume de se couvrir les pieds. Ces hommes qui connaissent la mer, qui la traversent et arrivent avec leurs bateaux imposants pour emporter avec eux les jeunes et les vieux du pays…

Au cœur du récit palpite la vie d’un village, qui se réveille un beau matin pour constater que douze de ses hommes ont disparu. Les mères des disparues seront mises en quarantaine, afin que l’obscurité de leur chagrin ne se propageât. Le conseil des anciens suit les traditions et se fie à ses savoirs éprouvés de longue date pour résoudre le mal qui s’abat sur leur clan. Or cette fois l’ombre qui pèse sur eux est porteur d’un anéantissement qu’ils ne peuvent soupçonner.

Le livre

La saison de l’ombre de Léonora Miano
éd. Grasset 2013
Prix Femina 2013

Abonnez-vous à notre rubrique 'Nos Émotions'