Tamyras aime « Le Critère de Griffith »

Florence Massena
© Jean-Noël Aoun © Jean-Noël Aoun
26 Feb

Tous les jours, de nombreuses activités, sorties et soirées sont proposées au public. Parmi cette abondance de possibilités, Tamyras vous parle d’un événement en particulier. Cette semaine, il s’agit de la performance « Le Critère de Griffith », interprétée les 26, 27, 28 Février et les 5, 6 et 7 mars 2015 à 20 h 30 à Station Beirut.

« Le Critère de Griffith » est l’histoire de trois femmes qui se rencontrent et interprètent toutes les femmes, leurs déchirements, leurs errances, leurs paradoxes, leurs peurs mais aussi leurs résistances, leurs forces comme leurs fragilités, dans un voyage qui les emmène aux quatre coins de la planète. Mais c’est surtout le résultat de la rencontre artistique de quatre femmes, vivant entre le Proche-Orient et l’Occident : Camille Brunel, comédienne, metteuse en scène et auteure, Zalfa Seurat, comédienne et cinéaste, Caroline Hatem, danseuse, auteure et comédienne, et Danielle Labaki, metteuse en scène. Cela a été rendu possible par le soutien des Assurances Gras Savoye Liban, de l’Institut Français, des Fonds Roberto Cimetta, du Conseil Régional d’île de France, d’Illy, et du Collectif Kahraba.

« Le Critère de Griffith désigne une contrainte maximale au-delà de laquelle un matériau se rompt, explique Camille Brunel. C’est une équation mathématique à laquelle Danielle Labaki, a pensé en faisant des recherches autour du point limite et de la mécanique de la rupture. Dans l’équation de Griffith, pour parler prosaïquement, il y a “le sujet, ce qui agit sur le sujet, le moment où le sujet se brise et l’après, comment le sujet en ressort transformé”. Cette définition parle assez bien de notre recherche artistique. Le matériau ici, ce sont les femmes, nous, elles, les mères, les amantes, les rebelles, les artistes et leur capacité à inventer des ressources pour éviter la rupture ou à accepter la rupture pour se renouveler. » Cette performance est issue de plusieurs mois de travail autour de l’idée de « sorcières contemporaines ». Les quatre artistes se sont interrogées : « Comment résistons-nous à la peur, à la folie, à la haine, au désespoir mais aussi à la société, son hypocrisie, son machisme, ses normes réductrices, ses dogmes… ? »

Une scène féminine et adaptative

Caroline Hatem, Camille Brunel et Zalfa Seurat ont écrit et commencé le travail de scène, puis ont demandé à Danielle Labaki de les rejoindre pour les aiguiller. « De là, un langage scénique s’est articulé, mêlant vidéos, danse, textes et musique dans une forme qui n’est pas linéaire, qui n’est pas tracée par une dramaturgie classique mais qui propose une narration fragmentée, intuitive, organique de plusieurs réalités », commente la comédienne française. Sur scène, l’installation théâtrale compte placer le spectateur autour de l’espace de jeu, lui permettant de se déplacer et d’adopter différents angles de vue, autour de cet univers visuel et sonore.

Les quatre femmes se concentrent dans « Le Critère de Griffith » sur les femmes, un choix pratique mais aussi engagé, comme l’exprime Camille Brunel : « C’est ce que nous sommes, des femmes, ici aujourd’hui dans cette société… Celle-ci étant profondément patriarcale et l’image de la femme extrêmement calibrée, il nous a paru vital de parler de celles qui ne coïncident pas avec ces normes, qui les rejettent et inventent leur vie dans une quête d’affranchissement et de liberté. Ensuite parce que les femmes et les hommes ne vivent pas les mêmes problématiques, ni le même rapport au monde, ils sont des matériaux fragiles distincts. Mais parler des femmes c’est implicitement parler des hommes, des fils, des pères, des amants. Les femmes “forgent” les hommes peut-être davantage que l’inverse ! » Pourtant, la petite troupe ne déclare aucun message, préférant focaliser l’attention sur l’émotion de la performance : « Il s’agit d’une expérience sensible qui met l’accent sur la beauté et sur la complexité de notre monde. Nous relatons une certaine forme de puissance commune à tous, qui est celle du langage, de la poésie et du corps. Cette puissance qui nous tient debout, dans une quête d’authenticité et d’absolu. »

« Le Critère de Griffith », les 26, 27, 28 février et les 5, 6 et 7 mars 2015 à 20 h 30 à Station Beirut

Des représentations supplémentaires auront lieu les samedis à 17 h.

La réservation est indispensable, le nombre de places étant limité, au 03 71 82 86.

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