Tamyras aime « Quiet seduction »

Florence Massena
© Helen Khal © Helen Khal
13 Feb

Tous les jours, de nombreuses activités, sorties et soirées sont proposées au public. Parmi cette abondance de possibilités, Tamyras vous parle d’un événement en particulier. Cette semaine, il s’agit de l’exposition « Quiet seduction » de l’artiste libanaise Helen Khal, jusqu’au 18 février à la galerie Mark Hachem.

Helen Khal, née en 1923 et décédée en 2009, a étudié la peinture à New-York, puis à l’ALBA après son mariage avec le poète libanais Yusuf Al-Khal, avant de commencer à exposer en 1960 à la galerie Alecco Saab, puis dans des galeries à l’étranger. L’appétit de la création ne lui est venu qu’à 21 ans, lors d’un repos imposé pour sa santé, un hasard qui va marquer durablement l’histoire de l’impressionnisme libanais. Écrivaine, professeure, critique d’art et peintre à la fois abstraite et figurative, elle a également établi et dirigé dès 1963 la première galerie d’art permanente de Beyrouth : Gallery One.

C’est pour rendre hommage à cette artiste touche-à-tout que la galerie Mark Hachem ouvre ses portes au travail de toute une vie. « Nous souhaitons donner une vue panoramique de son évolution et de son accomplissement en tant que peintre, explique Mark Hachem. Nous avons choisi de nous concentrer sur l’héritage d’Helen Khal en tant que critique d’art, et fondatrice de Gallery One, au travers d’une table-ronde que nous avons organisée le 5 février. » L’exposition présente en particulier l’aboutissement de sa période expressionniste : les abstractions colorées. « Pour elle, les formes étaient tout juste un prétexte, sans aucun sens, et ne servaient qu’à contenir la couleur. Ces couleurs ont la capacité, pour le public, de fournir une réponse subjective qui porte la vision au-delà du cadre afin de créer un autre monde personnel. »

La couleur était la pierre angulaire de son univers artistique, tel que le prouve cette citation : « Chaque couleur a son propre climat, crée son propre monde particulier ; inviolée, chaque couleur parle avec une séduction calme ». Ses lectures universitaires ont donné vie à un livre, The woman artist in Lebanon, publié et 1987 grâce à une bourse accordée par l’Institut des Études Féminines dans le monde arabe, et qui possède une valeur historique. « Elle fait partie de cette génération d’artistes des années 60 qui sont connus depuis, qui font partie du patrimoine libanais par leur contribution à l’émergence de la scène artistique locale, appuie Nayla Tamraz, professeure en l’Histoire de l’art à l’USJ. C’était une période particulière, la décennie d’avant la guerre, et Beyrouth était en pleine effervescence. »

« Quiet seduction », d’Helen Khal

Jusqu’au 18 février 2015 à la galerie Mark Hachem

Sur Internet

Sur Facebook

Abonnez-vous à notre rubrique 'Nos Émotions'


a propos de l’auteur


Florence Massena