La critique de Kimamori

Yassi Nasseri
EnfanceKimamoriFeatured
02 Apr

Se mettre dans la peau d’un enfant pour conter une histoire, voilà un artifice couramment employé par les écrivains et si souvent rencontré par nous, lecteurs. Mais pourquoi opter pour un narrateur enfant ?

Je ne sais pas bien comment se définit l’enfance. Je présume que l’enfance est fraicheur ; l’enfance est innocence. Mais l’enfance est aussi lucidité, une lucidité que l’adulte ne se permet plus d’avoir car il a appris à être résigné, à accepter les choses non pas parce qu’elles sont justes ou bonnes mais parce qu’on ne peut rien y faire : la vie est ainsi faite…

Eh oui, j’ai lu plusieurs livres récemment qui m’ont amenée à méditer ce sujet du Regard de l’enfant. Ce regard qui lave le monde et qui s’imprègne d’impuretés à chaque pas, jusque se transformer en regard d’adulte. Dans ces livres que j’ai lus ce regard avait parfois pour objet de dénuder une situation politique, parfois pour mission de révéler les faces cachées d’une situation familiale. Il a eu pour vocation, dans tous ces récits de dénoncer les échanges humains et sociaux déviants. Le seul fait qu’un enfant pose les yeux sur un événement fait sauter aux yeux le caractère inacceptable du phénomène dans son ensemble, mais en nous éclairant sur la source du problème. Non pas que l’enfant s’insurgeasse ni qu’il se prît à porter un jugement : lui, ne fait que Voir ce que personne ne veut regarder.

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