Iran, Ouzbékistan, Égypte, Turquie… et autrement

© Amine Issa © Amine Issa
14 Oct

Quand on voyage on emporte ses bagages. Des objets utiles mais aussi toutes nos émotions, notre vécu et nos rêves. L’Iran, l’Ouzbékistan, l’Égypte et la Turquie… des pays mythiques, des terres méconnues, des peuples proches mais aussi si loin. Quand le regard du visiteur se fait ressenti, la pellicule fixe des regards, des hommes et des femmes, des fragments de vie, des instants volés.

Amine Issa est un voyageur. Il a le regard de ceux qui veulent voir. Voir au-delà des cartes postales, voir au-delà du connu. Ses mots et ses images nous emportent ailleurs… et surtout autrement.

Le livre

Extraits du livre

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Dans le bazar de Téhéran, la théocratie a confisqué le sourire des mannequins. Mais la coupe des costumes, les cheveux gominés et le nez aquilin se raillent des barbes mal taillées et des vestes informes des caciques du régime. Les mannequins sont la facétie des Iraniens qui apprécient modérément l’humour des tribuns nucléarisés et négationnistes. Les cravates peintes sont un art de la contestation que l’esprit ankylosé des censeurs officiels ne peut comprendre.
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Il y a les hommes sur le banc, on devrait dire des Ouzbeks, tant ils veulent être différents dans leur vénération des saints. Assis, silencieux, les mains croisées, la même barbe, le même chapeau, la même déférence. Enfin devant sa tombe ! Ils viennent souvent d’une autre province, c’est le véritable pèlerinage, loin de la cohue des grands rassemblements culturels. Doucement, ils prient, implorent et remercient, puis ils partiront un peu plus légers de fautes, parce que ce sont des hommes et qu’ils en commettent, mais Dieu est immense dans sa miséricorde.
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Quand il sera temps de partir, le soleil ne chauffera plus que le banc, car on n’a plus le temps d’être vieux à Istanbul. Ou bien les démons de l’Europe vous consument à vingt ans et l’on meurt déglingué dans un bain de pétales acides, ou bien l’on s’endort sur un tapis entre deux prières. Quand la Turquie se souviendra de son nom, un vieux dépoussiérera le banc. Il faut encore un siècle.

Amine Issa signera son livre sur le stand Tamyras au Salon du livre francophone de Beyrouth vendredi 8 novembre à partir de 17h au BIEL. Retrouvez ici le programme de nos événements au Salon du livre francophone du Beyrouth.

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