Entretien avec Youssef S. Germanos, auteur de « Petites Morts à Beyrouth »

Emma Khoury
LockstockTamyras
28 Apr
Petites Morts à Beyrouth est le premier roman que vous avez publié ; quelle a été votre source d’inspiration et pourquoi avoir choisi ce moment précis de votre vie ?
Mes sources d’inspiration sont multiples. Elles commencent avec la bande dessinée, se prolongent avec Agatha Christie et Stephen King, deviennent un peu plus prétentieuses avec Camus, Moravia, et Martin Amis, et aboutissent chez Jonathan Safran Foer.
Je n’ai choisi aucun moment précis ; j’envoie des manuscrits depuis l’âge de 17 ans et j’ai une très jolie collection de lettres de refus d’éditeurs. C’est, au choix, soit la maison d’édition, soit la maturité, qui ont choisi pour moi.

Pourquoi votre choix s’est-il porté sur ce titre ? S’il fallait en choisir un autre, lequel serait-il ?
Le premier titre était Chargement des données en cours, merci de patienter : -)
Le deuxième était Mort à Beyrouth et, puisqu’il était déjà utilisé pour un SAS, il aurait fallu convaincre l’auteur de m’en autoriser l’usage.
Puis, une cousine m’a suggéré Petites Morts à Beyrouth, et cela est devenu une évidence.

Le roman allie plusieurs genres, sous-genres et formes. Quel est l’intérêt d’une telle variété ?
M’amuser, amuser le lecteur, jouer aux montagnes russes, repousser les limites.

Quelle est la part d’autobiographie dans ce roman ?
Elle est non négligeable, mais je la garde pour mes proches et pour les conversations privées.

De quels livres vous-êtes vous inspiré pour l’écrire ?
J’essaie de ne m’inspirer de rien en particulier quand j’écris, mais Tout est illuminé de Jonathan Safran Foer reste pour moi le plus grand monument de la littérature et, surtout, le premier roman que je qualifierais, pour reprendre une expression à la mode, de « roman 2.0 ».
Son deuxième roman est tout aussi magistral et intense.
Je n’ai pas encore lu le troisième. Je me le réserve.

Vos personnages entretiennent un rapport d’amour-haine avec la ville de Beyrouth. En est-il de même pour vous ?
Oui

Votre métier de monteur-truquiste vous a-t-il servi dans l’écriture de votre roman ?
Il a sans doute développé et affiné ma sensibilité au rythme et m’a appris comment sentir et éviter l’ennui du lecteur – d’autant plus que je travaille surtout dans la publicité.

Si la Rétrovision (possibilité de visionner le passé) est véritablement inventée de votre vivant, que voudrez-vous visionner ?
Les moments de vie de ma fille pendant lesquels je n’étais pas présent ; l’assassinat de Kennedy vu des coulisses ; ma propre enfance ; la naissance des mythologies monothéistes ; Sarah Bernhardt jouant sur scène avec une jambe en moins ; les ébats homosexuels de Marlene Dietrich et Greta Garbo ; la tête d’Archimède criant « Eurêka ! » dans son bain (ou celle de Newton recevant une pomme sur la tête) ; toutes les conversations secrètes entre les présidents américains et les chefs de la CIA ; la construction des pyramides ; et plein d’autres choses encore.

Le lancement de « Petites Morts à Beyrouth » aura lieu avec l’auteur le jeudi 11 mai 2017 à partir de 18 h au Santana – ex Babylone (Rue Abdel Wahab El Inglizi, Ashrafieh)

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a propos de l’auteur


Emma Khoury