La couverture du livre

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12 Apr

Questions à Pierre Lorimier, concepteur de la couverture de Petites Morts à Beyrouth

    Tout d’abord, parlez-nous en général du processus de conception d’une couverture de roman… Quelles différences avec la conception d’autres genres de livres ?

On commence évidemment par lire la maquette du roman. Ensuite on démêle les éléments récurrents, importants ou atypiques de l’histoire et des personnages. Enfin on décide de s’arrêter sur un ou plusieurs de ces éléments pour en dégager des idées que l’on va essayer de traduire visuellement d’une manière ou d’une autre pour composer la couverture. Dans le genre « roman », on est dans la fiction donc on peut être face à un récit plus intime, plus imaginatif avec parfois des points de vue narratifs différents et un contexte spatio-temporel qui part dans tous les sens. Je trouve donc que c’est un genre de livres dont la création de la couverture est souvent un peu plus complexe que pour un autre genre.

    À quel point l’auteur d’un roman peut-il intervenir dans la création de sa couverture ?

Cela dépend de l’auteur. Celui-ci peut très bien n’avoir aucune recommandation ou exigence particulière par rapport à l’allure ou à la direction artistique de la couverture de son roman. Mais on peut aussi avoir affaire à un auteur qui a déjà une idée très précise du concept et de la représentation visuelle de la couverture. Dans ce cas-ci on essaye, dans la mesure du possible et sous réserve que ses idées soient bonnes et réalisables, d’aller dans son sens et de retranscrire en partie ou complètement ses demandes.

    Quels sont les ingrédients d’une couverture qui attire l’attention ?

Une atmosphère visuelle forte à la première lecture. Pour ce faire, un traitement graphique efficace du concept, un bon choix de visuel, une bonne gestion des couleurs et enfin bien exploiter le format livre dans sa globalité, de la première de couverture jusqu’à la quatrième en passant par la tranche.

    Comment décidez-vous si votre couverture sera figurative ou symbolique ? S’il y aura des photos ou des dessins graphiques ?

On peut par exemple utiliser une photo si l’idée est de représenter un lieu ou une situation importante de l’histoire. On peut aussi travailler la typographie du titre du livre pour y placer une idée et mettre uniquement ça en avant sans photo ni illustration. Il y a plein de possibilités.
Tout dépend de la technique qui permettra de retranscrire au mieux le concept.

    Quel type de couverture préférez-vous créer ?

Je n’ai pas de préférences particulières quoique dans le cas d’un roman, si l’histoire me plaît, c’est déjà plus agréable à travailler.

    « Petites Morts à Beyrouth » a une histoire et une construction particulières, puisqu’y coexistent plusieurs temporalités et thématiques. Est-ce que cela vous a procuré plus de choix pour la couverture, ou au contraire vous a mis beaucoup de contraintes ?

Cela m’a procuré beaucoup de choix et donc la contrainte d’avoir du mal à choisir et de devoir finalement décider de l’idée qui fonctionnerait le mieux au niveau du concept et visuellement.

    Faites-nous le pitch de votre couverture en une phrase.

En une phrase c’est difficile, le plus court serait : La représentation d’un préservatif fait directement référence au point de vue du père du narrateur qui ne veut pas avoir d’enfant et qui a une obsession de la procréation. On a choisi de mettre en avant cette symbolique particulière par la représentation d’un préservatif rose formant l’entièreté de la couverture afin que celui-ci procure un rendu graphique et un impact visuel efficaces.

Quel est le roman dont vous auriez aimé créer la couverture ?

The Human Stain – Philip Roth
Un Long Chemin vers la liberté – Nelson Mandela
Les Prisonniers du temps – Michael Crichton


Youssef S. Germanos signera son roman jeudi 11 mai de 18 h à 21 h au Santana (ex-Babylone) – rue Abdel Wahab (Beyrouth).
« Petites Morts à Beyrouth » est déjà disponible en librairies.

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