Quai des brumes

©Ghadi Smat ©Ghadi Smat
14 Oct

Une exposition et puis une autre exposition. Un livre, des photos. Un même sujet : les chemins de fer. On croirait presque entendre le bruit caractéristique de la locomotive, tchou tchou.

Alors que les wagons rouillent entre les herbes folles à Mar Mikhael, que les rails sont depuis longtemps recouverts par le béton, que prendre le train au Liban est définitivement relégué aux souvenirs d’un autre Liban, on parle de plus en plus aujourd’hui de la réhabilitation d’un chemin de fer côtier pour désengorger le trafic. Mais en attendant de s’imaginer derrière les fenêtres du train, un peu d’histoire :


« Mar Mikhael c’est aussi et surtout la gare. Bien que géographiquement, elle se situe plutôt dans le quartier de Khodr, qui oserait changer le nom de ce symbole d’un temps révolu où les locomotives fantômes nous emmènent ? Embarquement immédiat vers hier au rythme de l’horloge Paul Garnier qui marche encore.

Envahie par les herbes folles, la gare n’en a pas moins fière allure. Les wagons et les voies ferrées, les bâtiments restaurés, et surtout le vague projet de remettre tout cela sur les rails font rêver ceux qui ont connu le temps du chemin de fer et ceux qui se voient déjà parcourir sans s’arrêter le chemin côtier qui les prendra à Tripoli et à Tyr confortablement assis dans un fauteuil avec le bord de mer comme compagnon de route. Et l’histoire du chemin de fer est une belle histoire, une histoire de politique et de géographie, d’échanges et d’espoirs, une histoire d’hommes et de machines. On peut dire que la création du chemin de fer découle directement de la concession de la route carrossable entre Beyrouth et Damas à une société française.

Et c’est le 1er janvier 1863 que débute le transport des voyageurs entre les deux villes à bord de diligences tirées par des chevaux et des mulets. Mais très vite, la route est saturée, les voyageurs de plus en plus nombreux et les relais pas assez suffisants.

La nécessité de transformer en voie ferrée la route se fait précise et, le 4 janvier 1892, la Société des Chemins de Fer ottomans économiques de Beyrouth-Damas-Hama en Syrie voit le jour sous la direction de Hassan Beyhum. La ligne sera ouverte le 3 août 1895. Le premier train parcourt en moins de 9 heures les 174 km qui séparent Damas de Beyrouth. En 1902, une voie métrique relie Rayak à Homs et Hama et en 1909, la construction de l’embranchement Homs-Tripoli est complétée.

La Société devient française et s’appelle Société des chemins de fer Damas-Hamas et Prolongements. En 1903, la compagnie portuaire inaugure la gare qui constitue le terminus des lignes de chemin de fer Beyrouth-Damas. En 1942, c’est Nakoura et Tripoli qui sont reliées par les voies ferrées. »

.Tiré du livre Beyrouth by day de Tania Hadjithomas Mehanna aux Éditions Tamyras


Une nouvelle exposition ‘En attendant le train’ organisée par la toute jeune boite de production Achillea s’est tenue les 12 et 13 octobre à Mar Mikhaël

Retrouvez ici l’article de L’Agenda Culturel sur cette exposition.

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