Questions à Anne Defraiteur Nicoleau, auteur de « Palace Café » | Partie 2

Patricia Moukarzel
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18 Oct
- Racontez-nous votre historique avec le Liban ; qu’est-ce qui vous a conduit à y situer votre premier roman ?

En 2002 mon mari a été muté au Liban, nous avons donc quitté la France et nous nous sommes installés à Beyrouth avec nos deux petites filles. Nous habitions à Achrafieh dans un nid suspendu au-dessus du jardin de Sioufi. J’ai découvert Beyrouth à pied, j’ai beaucoup marché. On ne peut aimer Beyrouth qu’à pied. En voiture, la ville est improbable et grossière mais si on lui accorde du temps, du souffle et de l’attention, elle est bouleversante. Ma promenade dans Beyrouth a pris fin en 2006 suite à la guerre avec Israël. Je n’ai pas oublié le jour où j’ai quitté le Liban. Un matin, dans un taxi qui nous menait à l’aéroport, je regardais la ville défiler par la fenêtre. Je me souviens très bien du regard que j’ai posé sur elle à ce moment-là… En écrivant Palace Café, j’ai refait la route en arrière et je suis rentrée à Beyrouth. C’est une chance d’aimer écrire… Avec les mots tous les retours, tous les voyages sont possibles.

- Comment avez-vous vécu cette première aventure d’écriture romanesque ? Comptez-vous la renouveler ?

Écrire c’est un peu comme pratiquer la méditation : on est à la fois totalement absent du réel mais en pleine conscience. C’est une activité qu’il est difficile de concilier avec un travail et trois enfants parce que cela demande beaucoup de temps et un total abandon de l’esprit. Mais lorsqu’on y parvient, c’est un plaisir précieux. J’ai deux nouveaux projets d’écriture : un roman écrit il y a quelques années que je souhaiterais remanier et une toute nouvelle histoire dont j’ai écrit une cinquantaine de pages et qui me tient beaucoup à cœur.

- Votre parcours dans le domaine du journalisme vous sert ou vous dessert-il dans l’écriture romanesque ?

Pour moi, l’écriture journalistique et l’écriture romanesque sont complémentaires. J’utilise l’écriture romanesque pour aller chercher l’émotion et j’utilise l’écriture journalistique pour corriger les débordements, les verbiages inutiles.

- Quel goût vous a laissé Beyrouth ?

Celui du citron doux, laymoun helo. C’est un fruit que l’on trouve au Liban : plus sucré que le citron, plus acide que l’orange. Beyrouth est ainsi : pas vraiment ceci, pas vraiment cela, à mi-chemin entre un mélange de tout et de son contraire, sans identité propre et tant à la fois ; un goût unique, surprenant.

Anne Defraiteur Nicoleau sera présente au Salon du Livre francophone de Beyrouth et participera à la table ronde « Beyrouth je te Haime » vendredi 11 novembre à 19 h au BIEL. Elle dédicacera son roman par la suite sur le stand Tamyras.

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